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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Ven 20 Juin 2008 05:23 
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Inscription: Jeu 15 Mai 2008 14:23
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50. LA PLAINE DES LUEURS MORTES

Santieb ne parvint pas à trouver le sommeil de toute la nuit. Trop de questions emplissaient ses pensées et, aucune réponse ne lui apporta le moindre apaisement. Il se promena des heures durant dans la cité de la Forêt de la Lune. Beaucoup d'Elfes ne dormaient pas plus que lui et chantaient de leurs voix douces, des mélodies aériennes. Les écouter ne lui apporta aucun réconfort, il se sentait de plus en plus perdu et, ses idées ne s'en retrouvaient que plus confuses. Il en vint à regretter d'avoir survécu au grand désastre ayant frappé la race humaine.

-A quoi cela a-t-il servi? se demandait-il. J'ai essayé de me comporter du mieux que je le pouvais mais, maintenant, je ne sais plus ce que je suis. Thyvielle m'aime-t-elle vraiment ou ne poursuit-t-elle que l'image de quelqu'un que je ne suis plus? Et moi, ne devrais-je pas repartir sur des chemins inexplorés?

Et ses pensées se mélangèrent ainsi, encore et encore. Il voulait trouver, sinon des réponses, du moins quelques indices qui lui permettraient de se décider pour la suite de son existence.
Le soleil se levait, et il ne savait toujours que faire avec certitude. Cependant, une attirance grandissante pour la terrible plaine, dont Styrgas et Arienor lui avaient parlé devenait le seul trajet qui semblait s'ouvrir devant lui. Mais, il ne voulait pas partir sans en informer Thyvielle. Il savait que cela ferait mal à la fille Elfe. D'un autre coté, si il ne tentait pas l'expérience, peut-être le regretteraient-ils tous les deux le reste de leur vie. Au repas pris en sa compagnie, il ne mangea rien, ne dit plus un mot après l'avoir saluée et il arbora une mine renfrognée. Thyvielle essaya bien de le sortir de ses idées sombres, mais Santieb semblait déjà être parti vers une contrée où elle ne pouvait le suivre. Elle ne lui fit aucune remarque et, une fois son repas terminé, cela ne prit que peu de temps, car, elle non plus n'avait aucun appétit, elle l'emmena avec elle vers l'endroit aménagé en écurie, afin de toiletter Destinée. Là, Santieb s'assit sur un petit tabouret et laissa Thyvielle s'occuper de sa jument sans plus se préoccuper d'elles. Pour l'Humain, tout se passait en silence car, si Destinée et Thyvielle communiquaient l'une avec l'autre, lui, ne pouvait recevoir aucune de leur pensée. Ce ne fut qu'au moment où ils sortirent de la pièce que Santieb, voyant les yeux rougis de son amie, lui prit la main et lui parla.

-Je dois y aller, lui dit-il. Je sais que c'est peut-être une folie et que je risque de ne pas en revenir. Mais, continua-t-il en intimant à Thyvielle l'ordre de le laisser poursuivre, si je ne le fais pas je ne serais jamais tout à fait moi. Et, des doutes viendront s'immiscer dans la moindre de mes pensées. Je t'aime, Thyvielle et je dois me rendre là-bas... pour nous deux.
-Alors, dit-elle. Je viendrai avec toi et nous périrons ensemble. Je ne veux pas te perdre. Je ne sais quelles idées te traversent l'esprit depuis hier mais, moi je t'aime tel que tu es.
-Non, tu ne peux venir avec moi, dit-il. Je me dois de me trouver et je serais plus à l'aise si je te sais loin de tout danger.
-Il a raison, dit Styrgas qui sortait d'un buisson bordant le sentier. C'est seul qu'il doit s'y rendre, tu ne lui serais d'aucune utilité.
-On dirait que vous voulez vraiment le voir courir à sa perte, dit Thyvielle ne pouvant retenir ses sanglots. On voit bien que ce n'est pas vous qui le cherchez depuis si longtemps.
-Je comprends ta douleur, douce Elfe, dit Styrgas. Mais il existe des choses qui t'échappent malgré tout le pouvoir dont tu es dépositaire. Cet être, n'est pas un Elfe, poursuivit-elle alors que Santieb continuait seul son chemin les laissant discourir. Son rythme de vie est différent du tien par bien des aspects.
-Ne puis-je vraiment l'aider? hurla presque Thyvielle. N'y a-t-il rien que je puisse faire?
-Je ne sais pas, dit Styrgas. Que te disent tes sentiments?
-Mon coeur pleure, dit Thyvielle. Je ne veux le laisser aller ainsi sans aucune protection...les cristaux, pensa-t-elle. Ils pourraient dresser un rempart contre les forces noires qu'il ne manquera pas de rencontrer. Et si ils ne les arrêtent pas, au moins devraient-ils en réduire la puissance et lui permettre de peut-être de leur résister...
-Je vois qu'une idée se fait jour dans ton esprit, dit Styrgas. Fais comme tu le sens.

Thyvielle courut rejoindre Santieb qui avait déjà pris une bonne avance sur elle. Styrgas de son coté était retournée vaquer à ses occupations.

-Santieb, Santieb, l'appela-t-elle. Je comprends tes raisons et si je n'y adhère pas, laisse-moi passer encore cette journée en ta compagnie. Tu n'es pas obligé de partir aujourd'hui. Fais-moi ce plaisir. -Je comptais partir sur le champ, afin que la tristesse ne nous recouvre pas tous les deux, dit Santieb. Mais, puisque tu le demandes, je resterais jusque demain. Je m'en irai dès la venue de l'aube. -Merci, dit-elle. Je t'accompagnerai jusqu'à la bordure de la Plaine des Lueurs Mortes et je t'y attendrai. Mais avant que tu y pénètres, je t'offrirais un présent, gage de mon amour.
-Cela me ferait plaisir, dit Santieb. Mon coeur est déjà plus léger de te savoir accepter mon point de vue. Mais, quel sera ce présent?
-Tu le découvriras demain, dit Thyvielle, il sera bien assez tôt. Durant la nuit, je devrais rester au-dehors afin de le parfaire.
-Tu m'intrigues, dit Santieb dont le visage arborait maintenant un sourire, certes un peu pâle, mais, c'était le premier que Thyvielle lui voyait depuis la bataille.
-Ts, ts, fit-elle. Essayant de lui parler avec légèreté. Tu ne sauras rien de plus. Un cadeau perd de son attrait lorsque l'on sait de quoi il s'agit. Ce ne sera pas grand'chose de toutes manières, mais, cela viendra de moi.
-Alors, rien ne pourra me rendre plus heureux, je crois, dit Santieb dont le regard était un peu voilé par l'incertitude en toutes choses qui l'habitait.

Durant une bonne partie de la nuit, Thyvielle prononça des incantations, la main droite surplombant le cristal vert émeraude. Celui-ci n'était pas volumineux, un peu de la taille d'une noisette, elle le monta sur une chaîne d'argent le plus pur, qu'elle avait emportée avec elle en ne sachant, à l'époque, à ce qu'elle allait lui servir et qui maintenant, prenait naturellement sa place.

Le lendemain, tôt le matin, les deux amis se dirigèrent vers le sud dans le plus grand silence. Nul n'était besoin pour eux de parler, ils se contentaient de la présence de l'autre et de tout ce que cela leur apportait. Thyvielle avait prié Destinée de rester à la cité de la Lune et de l'y attendre. La jument n'aimait pas trop cette situation. Elle craignait que la fille Elfe ne suive son bien-aimé dans la plaine maudite et ne s'y perde. Thyvielle et Santieb étaient partis presque dès leur éveil. Ils avaient, bien sûr, salué Arienor et Styrgas, ainsi que les quelques Elfes qu'ils rencontrèrent mais, ils ne prirent pas le temps de se restaurer. Aussi, à leur arrivée à l'orée de la Forêt de la Lune, ils s'installèrent le plus confortablement possible et partagèrent leur dernier repas avant l'entrée de Santieb dans la Plaine des Lueurs Mortes. Après avoir rangé les ustensiles dans sa sacoche, Thyvielle offrit le cristal à l'Humain. Dès que Santieb le tint dans sa main, celui-ci brilla d'une lumière intense sans être aveuglante et qui lui réchauffa le coeur. Il prit Thyvielle dans ses bras et la serra fortement contre lui. Ils échangèrent des paroles de douceur puis, ils se rendirent, en se tenant la main, vers l'endroit de l'épreuve. Au moment où la brume apparut, les yeux de Thyvielle s'humidifièrent et, si Santieb sentit son désarroi, il n'en laissa rien paraître. Par contre, il n'aima pas ce que son regard et son ouie perçurent. Ces images fantomatiques dans ce brouillard à l'aspect malsain ne lui dirent rien qui vaille, et ces hululements, gémissements, il ne savait comment les nommer, le glacèrent jusqu'au os.
Il lui fallut un moment avant de se reprendre et de pouvoir articuler quelques mots.

-Eh bien, m'y voici, dit-il. Ce brouillard me semble porteur de beaucoup d'hostilité, mais, je dois y entrer. Au revoir, Thyvielle, pense à moi, je vais avoir besoin de tout le soutien possible. -Je t'attendrai, parvint-elle à lui répondre. Fais vite, mon ami et serre bien le cristal dans ta main si tu sens le moindre danger s'approcher de toi.
-Je n'y manquerais pas, dit-il avant de déposer un délicat baiser sur les lèvres tremblantes de la fille Elfe. Je ferais de mon mieux, ajouta-t-il avant d'avancer et de se faire happer par la couche, blanche et opaque.

Thyvielle le regarda partir puis, elle s'assit sur le sol, presque à la même place que lors de sa rencontre avec Achalyant. Une sourde tristesse lui enveloppait le coeur et l'empêchait de penser de façon cohérente. Elle faillit se précipiter à la suite de son ami avant de se reprendre tant bien que mal et d'accepter la situation telle qu'elle se présentait.

Juste après avoir pénétré le rideau de brume, Santieb se retourna afin d'adresser un dernier au revoir à Thyvielle. Mais, il ne la voyait déjà plus. Il fit demi-tour, enfin le pensa-t-il, mais, au bout de vingt pas, il ne rencontrait toujours que du brouillard. Un peu effrayé tout de même, il haussa les épaules et repris sa progression dans la plaine.

-Bon, que suis-je censé accomplir maintenant? songea-t-il. Il ne s'agit pas d'une partie de chasse ou alors, je ne connais pas le gibier que je dois débusquer.

Des voix murmurant des paroles incompréhensibles ne tardèrent pas à l'entourer, et, de pâles lueurs passèrent devant ses yeux. Il tenta de s'en saisir à plusieurs reprises mais, celles-ci ne semblaient avoir aucune consistance. Et lorsqu'il demanda ce que l'on attendait de lui, sa voix lui revint chargée d'un son qui le glaça et le fit frissonner. Un sentiment de solitude extrême s'empara de lui. Il savait/sentait qu'il n'était pas seul, mais aussi, que ce qui se trouvait en cet endroit n'était pas vraiment vivant, sans être mort pour autant. Et plus il avançait vers ce qu'il nommait encore le centre de la plaine, plus les lueurs se faisaient nombreuses et plus les voix devenaient agressives. Un désespoir sans nom semblait toutes les habiter et pourtant, il continua à se diriger vers la source de leur douleur. Il serrait le cristal dans sa main jusqu'à s'en meurtrir les phalanges, mais, il sentait son corps de moins en moins présent au fur et à mesure qu'il progressait. Parfois, il ne savait plus si il marchait ou si il se trouvait en vol. Tout devenait plus gris, son enveloppe charnelle, ses pensées ainsi que l'atmosphère. Il lui semblait, et cette impression s'avéra peu de temps après, que ses cinq sens perdaient de leur acuité. Le vide l'emplissait de toute sa vacuité, il n'était plus ni Bastien, ni Neitsab, ni Santieb. En fait, il devenait rien, la dernière image qu'il garda en mémoire avant que sa conscience ne s'effondre fut le visage de son aimée lui souriant juste avant leur premier baiser.

Thyvielle était restée longtemps sans boire ni manger avant qu'Arienor et Styrgas ne viennent aux nouvelles. Le Sage Elfe avait bien tenté d'envoyer quelques-uns des siens, mais, tous avait refusé de se rendre à cet endroit maudit et il dut user de beaucoup de persuasion pour que son peuple les laissât y aller. Destinée voulait les accompagner, mais, Arienor craignait trop ses sautes d'humeur pour l'y autoriser. Il n'avait pas envie de voir la jument se précipiter et tomber sous le pouvoir résidant dans la nappe brumeuse. Lorsque l'Elfe et la devineresse découvrirent Thyvielle, elle se trouvait toujours assise à la même place que lors de l'entrée de Santieb dans la Plaine des Lueurs Mortes. Elle semblait plongée dans une torpeur de laquelle aucun des deux ne fut en mesure de la sortir. Des cristaux l'encerclaient de toutes parts et elle récitait d'une voix fluette, des incantations qu'ils ne comprenaient pas tout en gardant les yeux fixés sur l'endroit où se trouvait la plaine. Les jours passèrent, et à toutes leurs visites, ils purent voir que la fille Elfe n'avait quasiment pas touché aux aliments qu'ils lui avaient apportés. Son état faisant si peine à voir qu'à plusieurs reprises, ils essayèrent de la ramener avec eux à la Cité de la Lune. Mais, tous leurs efforts furent vains, le rayonnement des cristaux ne permettait à quiconque de dépasser le cercle que leur position délimitait. Ils se sentaient impuissants à l'aider dans cette épreuve et ils se demandaient si ils avaient eu raison de conseiller l'Humain.

-Qu'allons-nous faire si Santieb ne reparaît pas? dit Styrgas. Cette plaine ne s'apparente tout de même pas à une promenade de santé. Quelle folie nous a poussés à l'y diriger?
-Il devait en être ainsi, répondit Arienor. Mille fois nous en avons parlé et tu sais qu'il n'existe que ce moyen pour...
-Oui, je sais, dit Styrgas. Mais, si le temps continue à s'écouler ainsi, Thyvielle pourrait bien y laisser la vie. Alors tout cela n'aura servi à rien.
-Cela m'inquiète aussi, vieille amie. Mais, nous ne pouvons rien y faire. Le cercle de protection qu'elle a dressé autour d'elle est issu d'une magie dont je ne connais rien. Oriale était grande dans l'art des sorts, et si Thyvielle n'a pas eu le temps d'apprendre tout ce qu'elle savait, il n'en demeure pas moins que je ne connais personne qui soit capable de rompre un tel enchantement. -Mais, dit Styrgas. Il me semble qu'elle le nourrit avec sa vie même. Au bout d'un certain temps, elle n'aura plus la force de le maintenir, et alors, non seulement elle pourrait devenir une proie pour des animaux, mais, la flamme de son existence risquerait de s'éteindre. Ce n'est pas ce qu'elle mange qui va lui permettre de subsister.
-Il nous faut espérer que tout va bien se passer, dit Arienor. Peut-être la situation aura-t-elle favorablement évolué lors de notre prochaine visite.
-Et si l'un de nous deux restait ici? demanda Styrgas. Cela lui apporterait du soutien, son moral en serait peut-être transformé.
-Je ne crois pas. Je pense qu'elle n'a même pas conscience de notre présence.

En disant cela, Arienor passa sa main devant les yeux de Thyvielle qui restèrent toujours fixés droit devant eux. La fille Elfe était dans un monde dont le chemin leur était inconnu, tout proche et en même temps si loin. Une autre fois, ils permirent à Destinée de les accompagner. Ils espéraient que la jument puisse passer la défense de cristal et ranimer l'esprit et le corps de leur amie, ou leur donne la possibilité de l'emmener avec eux. Mais, Destinée ne put rien pour elle non plus. Elle eut beau se lamenter, ruer, marteler à coups de sabots au risque de se blesser la protection, celle-ci ne céda pas, et Thyvielle, comme durant les autres visites ne fit pas mine de s'être aperçue de leur présence.
Des commentaires fusèrent dans la Cité. Kerlich se vantait de l'avoir prévenue et qu'elle n'en avait fait qu'à sa tête, tout cela pour les beaux yeux d'un Humain avec lequel il ne valait même pas la peine d'entamer une conversation. D'autres la plaignaient et demandaient si ils pouvaient aider à quelqu'ouvrage qui saurait lui redonner le goût de la vie. Mais le sentiment qui prévalait était sans nul doute la tristesse de perdre une Elfe si belle dans des circonstances pareilles. Aucun cependant n'accepta jamais de se rendre à l'orée de la forêt. Trop de terreurs y étaient associées et cela depuis des temps immémoriaux pour que quiconque passe outre les mises en garde.

Achalyant, lui, venait tous les jours s'asseoir de longues minutes et parfois même des heures à coté de Thyvielle. Il la regardait et lui faisait la conversation. Conversation qui se résumait à un monologue, car, non plus qu'avec Styrgas ou Arienor, la fille Elfe ne sortait de son immobilité.Si elle avait pu comprendre ce que lui disait la créature, Thyvielle se serait peut-être extirpée de sa léthargie. Car, Achalyant parcourait souvent la Plaine des Lueurs Mortes afin de recueillir les corps abandonnés par leur esprit et gisant sur le sol. Il n'éprouvait aucune difficulté à s'y mouvoir et ses sens n'en étaient nullement affectés. Il aurait pu, si il l'avait voulu, prendre la main de Thyvielle, et l'emmener loin de cet endroit. Car, la magie Elfique semblait avoir moins de pouvoir sur lui que sur d'autres races. A plusieurs reprises, il avait, du bras traversé la bulle de protection et caressé les cheveux de la jeune Elfe, mais, durant quelques secondes seulement. Ce temps passé, il ressentait une vive douleur, si bien, qu'il ne le fit que rarement.

Nul être ne sait combien de temps Santieb resta hors des éléments, mais, on apprit plus tard, par Achalyant, que son enveloppe humaine flotta longtemps à une cinquantaine de centimètres du sol. La première pensée qui le secoua fut une vision de tours d'acier, de verre et de béton. Toutes les choses lui apparaissant étaient nimbées d'un gris qui rendait les images floues. Une foule de gens -des Humains- marchait d'un pas rapide sur des trottoirs bordant une avenue de bitume, sur laquelle se suivaient, pare-choc contre pare-choc, des véhicules de métal répandant une odeur nauséabonde dans les airs. Des visages vaguement familiers s'offrirent ensuite à sa vue, arborant des expressions très diverses. Tout à coup, il eût l'impression que quelque chose essayait de l'arracher à son corps, il fut secoué de tremblements insupportables qui cessèrent immédiatement dès que sa main eût trouvé le cristal vert et l'eût serré. Il se vit s'éveiller, une fois comme Neitsab, une fois comme Bastien. Et, des sentiments totalement opposés entrèrent en collision en lui. Il se vit tuant et massacrant des animaux et les dévorant crus. Puis, l'instant suivant, il riait, fabriquant des bijoux en compagnie de Keheliinan. Adolescent, il tenait la main d'une fille à l'entrée d'un parc d'attraction et l'invectivait ensuite alors qu'elle se trouvait en compagnie d'un autre garçon. Il pleura lorsque sa mère mourut et renia le dieu qui la lui avait enlevée. Toutes sortes de visions de ses diverses quêtes se succédèrent. La recherche du Pouvoir depuis les Montagnes Noires, les Humains hermaphrodites, les K'ihirs, les loups ainsi que les gobelins et les corbeaux qui le reconnaissaient comme étant leur Maître. Tout cela se mélangea. Le tremblement reprit de plus belle. Le cristal l'aidait à le supporter, mais, il lui semblait que son pouvoir diminuait. Il ne savait plus qui le lui avait offert et ce que lui était/faisait en cet endroit. Sa prise se resserra et il se força à se souvenir.
Une voix, enfin, il assimilait ce mode de communication à une voix, susurra dans sa tête:'' Laisse-toi aller, il est inutile de résister, tu seras bientôt en compagnie des autres. Une petite lueur flottante chantant dans le grand choeur. ''Au prix d'un effort considérable, il chassa ces paroles de sa tête et se concentra sur le cristal. Au bout d'un moment, il arriva à ne plus voir que le scintillement vert et il y fixa toute l'attention dont il était capable. Il ne se sentait plus seul, une force extérieure l'aidait dans sa recherche. L'image du visage de Thyvielle lui apparut, se dessinant lentement dans les méandres de son esprit. Ce ne fut qu'au moment où cette vision finit par acquérir sa pleine clarté, qu'il se souvint de son nom et de ce qu'elle représentait pour lui. Il se laissa envahir par tous les souvenirs s'y rattachant. Le tremblement cessa, il parvint à soulever ses paupières et à s'humecter les lèvres.

-Thyvielle, hurla-t-il longuement d'une voix qui fit vibrer le brouillard.

Son corps descendit lentement vers le sol de la plaine et la vision s'effaça. Le cristal brillait d'un éclat éblouissant et il referma le col de sa tunique pour ne pas en être aveuglé.

-Eh bien, voici une belle journée qui commence, dit-il en regardant ses mains. Je ne sais pas si l'épreuve est terminée, pensa-t-il. Mais, je ne tiens pas à m'attarder ici. Même si cela n'aura pas été si long, finalement.
Ne sachant de quel coté se trouvait la Forêt de la Lune, Santieb marcha droit devant lui et déboucha rapidement à l'endroit où il pensait trouver Thyvielle.

-Je me suis peut-être trompé de coté, pensa-t-il. Avec toute cette brume, il est bien difficile de se repérer.
Au moment où il allait faire demi-tour, son regard tomba sur le cercle de cristaux dans lequel se trouvait encore la sacoche les ayant transportés.

-Etrange, pensa-t-il en s'emparant du sac et en y rangeant les joyaux. Ce serait donc le bon coté, mais, je ne peux imaginer Thyvielle abandonnant ses cristaux, même pour un court instant. J'espère que rien de mal n'est arrivé. Thyvielle. Où es-tu? Je suis de retour, cria-t-il à plusieurs reprises dans toutes les directions. N'obtenant aucune réponse, il prit alors le chemin menant à la Cité.

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Sam 21 Juin 2008 06:39 
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Inscription: Jeu 15 Mai 2008 14:23
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J'arrive bientôt à la fin de la première partie. Si vous désirez connaitre la suite, rendez-vous sur http://www.lulu.com/content/2676790

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Sam 21 Juin 2008 18:54 
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51. LA FORÊT DU ''CHAT''

-Mais, cela fait bien deux semaines que nous avons perdu sa trace, dit Arienor. Nous l'avons cherchée dans toute la Forêt de la Lune, et nous n'avons rien trouvé.
-Deux semaines, dites-vous. Êtes-vous allés voir au sud de la Plaine des Lueurs Mortes? demanda Santieb. Peut-être a-t-elle pris cette direction.
-Traverser cet endroit, dit Arienor. Tu n'y penses pas, seul un fou se risquerait à entreprendre une pareille expédition.
-Mais, vous auriez pu essayer de la contourner, tout de même, dit Santieb. Cela doit bien être possible. Les deux semaines que vous avez passées à ne rien faire auraient suffi largement à retrouver Thyvielle. -Crois bien que je comprends ton irritation, mais, nous pensions qu'elle était morte, dit Arienor. Qu'elle n'avait plus eu la patience de t'attendre et qu'elle s'était précipitée dans le brouillard. -Pourquoi aurait-elle agi de la sorte? cria Santieb. Je n'y suis resté que peu de temps, je suis certain qu'elle n'a pas pu perdu l'espoir.
-Si pour toi presque un an est peu de temps, dit Arienor, je comprends ton étonnement...
-Vous ne me ferez jamais croire, que je suis resté un an là-bas, explosa Santieb. J'ai passé six mois à bord du Brise Larmes et cela m'a parut très long, alors que l'épreuve dans la plaine n'a, pour moi, duré qu'un court moment. Et qu'en pense Destinée, sa jument?
-Elle a participé aux recherches, comme bon nombre d'Elfes de mon peuple, dit Arienor. Mais, elle non plus n'a pu trouver la moindre trace. Alors, elle a préféré retourner dans le Val du Flot d'Argent en compagnie de Styrgas, afin d'en informer les Elfes y vivant.
-Mais, dit Santieb. Vous n'êtes pas certain de ce que vous dîtes. D'ailleurs, sa sacoche et ses cristaux se trouvaient toujours à l'endroit qu'elle avait occupé. Et jamais...
-Ils sont éteints, dit Arienor.
-Que dites-vous? dit Santieb. Qu'entendez-vous par ''éteints''?
-Leur Lumière est partie, dit Arienor. Ils ne renferment plus aucun pouvoir, c'est certainement la raison pour laquelle elle les a laissés là.
-Mais le mien brille de mille feux, dit Santieb en exhibant le cristal vert émeraude pendant au bout de sa chaînette et dont l'éclat fit reculer tout ceux qui l'entouraient. Cela n'a aucun sens, si celui-ci se trouvant au centre de la plaine maudite, se trouve dans cet état, alors que les siens, étant hors de tout danger, ne servent plus à rien.
-Sauf, dit Arienor. Sauf si leurs forces sont entrées dans le tien.

Santieb ne sut que répondre à cette affirmation. Il se souvint du moment où il se sentait arraché de son corps et qu'à ce moment, une aide extérieure semblait lui être parvenue.

-Peut-être s'agissait-il de Thyvielle et de ses cristaux, songea-t-il. Mais alors, Arienor aurait raison. Dès qu'elle sentit ne plus pouvoir m'aider à l'aide de la magie, elle se serait précipitée pour me sortir de là. Je dois y retourner, si elle y est, je ne peux l'y laisser. A mon tour de l'aider alors, dit-il. Je suppose qu'aucun de vous ne désire me suivre. Je retrouverais Thyvielle, dussé-je y laisser la vie.

Sans plus attendre, Santieb se retourna et repartit en courant par où il était venu en direction de la Plaine des Lueurs Mortes.

-Vers où tout cela nous mène-t-il, pensa-t-il. Thyvielle savait très bien qu'elle ne pouvait entrer dans cette plaine. Mais si elle ne s'y trouve pas, où est-elle alors?

Il ne mit pas beaucoup de temps avant de se retrouver dans l'endroit maudit par les Elfes. Mais, l'impression qu'il lui fit n'avait aucune similitude avec la première fois où il le vit. Il voyait toujours passer les spectres et entendait également leurs voix, mais, celles-ci lui étaient devenues tout à fait compréhensibles. Elles criaient des appels de détresse, et elles devaient être des milliers, tant de sons différents lui parvenant aux oreilles. Sa vision s'était considérablement améliorée elle aussi. Dès les premiers pas qu'il fit dans le brouillard, il discerna clairement l'orée d'une forêt du coté est de la plaine et s'en étonna, jamais Arienor, ni Styrgas n'en avaient, semblait-il parlé à Thyvielle, sinon elle n'aurait certainement pas manqué de la lui signaler. La laissant pour d'éventuelles futures recherches, il fouilla d'abord tout le périmètre de la plaine de fond en comble, mais, malgré tout le soin qu'il y apporta, il n'y découvrit aucun corps.

-Peut-être cette forêt pourrait-elle m'en apprendre, pensa-t-il. De toutes manières, ici il n'y a rien.

Etendue était la superficie de la forêt, il put s'en rendre compte dès que, débouchant hors de la plaine, il se retrouva perché sur un promontoire depuis lequel, il pouvait embrasser la vallée immense se dessinant sur des kilomètres devant lui et qui toute, était recouverte d'arbres. Au premier regard qu'il déposa sur elle, il sut qu'elle avait été créée artificiellement. Elle était bien trop ordonnée pour avoir poussé au petit bonheur la chance. Des sentiers bien entretenus, bordés de fleurs et de bruyère, serpentaient dans toutes les directions, et permettaient, semblait-il, de se rendre dans les recoins les plus éloignés sans devoir pour cela, jouer des pieds et des mains.

-On dirait que cette forêt a été plantée telle une sapinière comme les Humains en cultivaient afin de pouvoir disposer d'arbres pour fêter Noêl, pensa-t-il. Mais ici beaucoup de sortes d'arbres vivent... ils sont bizarres d'ailleurs. Je ne me souviens pas d'en avoir vu de pareils nul part ailleurs qu'ici.

La forme des arbres -même si leurs feuilles appartenaient indubitablement à des espèces connues, comme le hêtre, le chêne, le bouleau, ainsi que bien d'autres-, changeait d'un individu à l'autre. Si, dans la partie de la forêt par laquelle il entra, les arbres paraissaient vieux et que certains étaient couverts de lichen, plus il se dirigeait vers le centre, et plus les pousses semblaient plus jeunes.

-Cela ne devrait-il pas être le contraire? se demanda-t-il. Ne sont-ce pas les plus vieux qui sont censés se trouver au centre, là où la forêt a commencé son histoire? Et leurs formes, certaines rappellent étrangement des corps d'Elfes ou d'êtres leur étant apparentés.

Tout à coup, ses pensées furent dérangées par le passage rapide d'une ombre parmi les grands feuillus. Il se rendit compte, que depuis qu'il avait pénétré dans cet endroit, nul animal n'avait croisé son chemin, en fait, cela faisait au moins deux heures qu'il y avançait complètement seul. Il resta un moment immobile, attendant que le mouvement se répète, mais, rien ne bougea. Haussant les épaules, il reprit sa progression, et, l'ombre passa à nouveau.

-Oui, bon, dit Santieb, la main sur la garde de son épée. Je ne sais qui vous êtes, mais, je n'ai nulle envie de jouer à ce jeu de cache-cache, si vous le voulez, montrez-vous, sinon, laissez-moi tranquille. Cette forêt est bien assez grande pour que nous ne nous marchions pas sur les pieds.

Quelques instants plus tard, Achalyant apparaissait devant les yeux étonnés de Santieb. Après les présentations d'usage, la créature lui apprit qu'elle était la gardienne des arbres de cette forêt. Achalyant était tout aussi surpris que Santieb par la venue d'un Humain- race dont il n'avait jamais entendu parler-, dans cette partie de la Terre.

-Je me disais bien que tu n'étais pas un Elfe ou une de ces créatures qui vivent non loin de la forêt du nord, lui dit-il. Lorsque je venais voir ou en était ton état dans la Plaine des Lueurs Mortes, plusieurs fois j'ai tenté de m'emparer de ton corps, mais, ton esprit lui restait lié, et je n'ai pu l'en extirper. Tu dis que Thyvielle est ton amie, étrange couple que vous formez là...
-Sais-tu où elle se trouve en ce moment? demanda Santieb. Plus rien d'autre ne compte pour moi. -Bien sûr que je le sais. Mais, pourquoi te le dirais-je? Elle est heureuse, maintenant. Les pieds dans la terre et la tête vers le ciel.
-Tu veux dire qu'elle est morte?
-Oh non, elle n'a jamais été aussi vivante, dit Achalyant. Mais, les soucis qui rongent les créatures marchantes, rampantes ou volantes, n'ont plus aucune incidence sur elle. Elle se nourrit de la Terre et la purifie en retour. Que demander de plus?
-Je ne comprends rien à ton charabia, dit Santieb. Si tu sais où elle se trouve, ce dont je doute, mène-moi vers elle.
-Tu es peut-être passé à ses cotés sans la voir, dit Achalyant. Mais, seul un grand amour pourrait te permettre de la reconnaître.
-Elle est un arbre? C'est cela que tu veux me dire? Mais, cela est impossible, on ne change pas d'apparence ainsi. Comment cela est-il arrivé?
-Que de questions, dit Achalyant levant les yeux au ciel et soupirant. Oui, elle est un arbre. Cette forêt et des arbres d'autres forêts de la Terre également sont l'évolution ultime des corps dont les âmes se sont perdues dans la Plaine des Lueurs Mortes...
-Je ne peux croire cela, dit Santieb. Et si tu dis la vérité, comment Thyvielle s'est-elle retrouvée ici? Elle m'attendait à l'orée de la Forêt de la Lune...
-Oui, oui, dit Achalyant. Elle est un cas à part. Elle est restée là à prononcer des incantations presque une année durant. Plusieurs fois j'ai essayé de la soustraire à la souffrance que cela semblait lui occasionner. Mais, jamais elle ne sortit de la torpeur dans laquelle elle était plongée...
-Mais alors, dit Santieb.
-Alors? Ce ne fut qu'au moment où ses cristaux cessèrent de scintiller, qu'elle tomba dans une sorte d'hébétude et qu'elle accepta de me suivre. Elle était très faible et je dus user de beaucoup de douceur, ainsi que de patience pour l'emmener là où elle serait le mieux.
-Je serais donc bien resté si longtemps là-bas, pensa Santieb. Styrgas et Arienor ne m'ont pas menti. Que dois-je faire? -Je vois que tu me crois maintenant, dit Achalyant. Et tu le peux, elle est heureuse et de toutes manières, ce que j'ai fait ne peut être défait.
-Ce serait toi qui aurais planté cette forêt? Tu transformes les êtres de chair en arbres?
-C'est un de mes pouvoirs, dit Achalyant. Ces corps ne sont plus rien sans âme, je leur rends un grand service, crois-moi.
-Mais, Thyvielle avait encore son âme. Tu viens de me dire qu'elle n'était pas entrée dans la plaine maudite... -Au moment où ses cristaux se sont éteints, je pense que son âme s'en est allée, dit Achalyant. Tu es le seul à être sorti entier de cet endroit, je ne sais comment tu t'y es pris, mais, réjouis-toi et va rejoindre les gens qui t'aiment.
-C'est elle que j'aime, jamais je ne la laisserais ainsi. Si vraiment elle est devenue ce que tu prétends, et que je ne peux rien y changer, j'irai m'adosser contre elle et je m'y laisserais mourir. -Tu es vraiment trop romanesque et j'ai du travail qui m'attend, dit Achalyant en soupirant. Cette petite conversation fut intéressante, mais, maintenant, je m'en vais.

Santieb aurait voulu en savoir plus, mais, dès que Achalyant eût prononcé ces paroles, il disparut comme par enchantement. L'Humain mit beaucoup de temps avant de se remettre des informations lui étant parvenues, et il erra triste et hagard pendant des heures dans ce qu'il nommait maintenant, la Forêt du Chat. La nuit tombait lorsqu'il reprit petit à petit ses esprits, et le cristal pendant à son cou brillait d'un éclat de plus en plus fort alors que les étoiles s'installaient dans le ciel. Il le sortit de sa chemise et le tint dans sa main ouverte tout en continuant à marcher.
Au bout d'un moment, il remarqua que la luminosité du cristal changeait en fonction de la direction qu'il empruntait. Il se crut tout d'abord le jouet d'une vision, mais, après plusieurs essais dans de multiples sens, il vit que le joyau n'atteignait sa luminosité maximale que vers un seul d'entre eux. Et c'était au point qu'en ces instants, il pouvait voir les os de sa main, et que tous les arbres et les plantes autour de lui apparaissaient clairs alors que la nuit était déjà bien avancée. Ne sachant ce que cela signifiait, mais, n'ayant de toutes manières aucun autre recours, il décida de se fier à la lumière et d'aller vers l'endroit où le cristal semblait vouloir l'emmener.
Il marcha longtemps et emprunta de nombreux sentiers. Parfois, ceux-ci formaient des carrefours, et il devait se réorienter, alors, tenant le cristal à bout de bras, il pivotait sur lui-même jusqu'à ce que celui-ci retrouve l'éclat idéal, cela ne prenait jamais beaucoup de temps, mais plus il avançait et plus les croisements se multipliaient. Il remarqua que les arbres qu'il longeait, devenaient de moins en moins grands tout en paraissant plus jeunes. Certains, arboraient encore clairement les traits de l'être duquel ils étaient issus et Santieb reprenait espoir. Mais, si il découvrait Thyvielle- et de cela il en devenait sûr- que pourrait-il accomplir pour elle? Il s'efforçait de chasser ce genre de pensée de son esprit. Il devait retrouver la fille Elfe. Peut-être Achalyant avait-il menti, et que, loin d'être devenue un arbre, Thyvielle se trouvait dans un abri où l'être étrange désirait la garder. Il ne savait rien de lui, alors pourquoi aurait-il accordé le moindre crédit aux paroles de cet énergumène? Bien sûr, les arbres lui semblaient bizarres, mais, n'était-ce pas là que le fruit de son imagination?

-Après avoir été ballotté par tant d'émotions, pensa-t-il, cela ne serait pas étonnant.

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MessagePosté: Dim 22 Juin 2008 08:34 
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52. MESSAGERS

Destinée galopait comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Une détresse épouvantable la faisait tressaillir et la poussait à dépasser ses limites. Sa tête était emplie de pensées plus obscures les unes que les autres, et il lui tardait de rejoindre le Val du Flot d'Argent. Les Elfes de la Forêt de la Lune, quoiqu'elle les appréciât beaucoup, lui semblaient trop couards en de certaines circonstances. Pourquoi n'avaient-ils pas fait tout ce qui était en leur pouvoir afin de retrouver Thyvielle? Bien sûr, elle et eux s'étaient rendus à proximité de la plaine maudite, et elle avait senti la sombre terreur s'y tapissant, mais, n'y avait-il vraiment aucun moyen de la contourner? De cela, et malgré les paroles que Styrgas lui adressait, elle doutait toujours maintenant. Mais, elle n'était qu'une jument et que pouvait-elle accomplir que des Elfes ne le puissent? Un espoir s'était fait jour dans ses pensées. Peut-être que Kirdar pourrait les aider.
Depuis lors, elles suivaient le soleil dans sa traversée du ciel. Arrivées près de la lande aride, des souvenirs douloureux revinrent à la mémoire de la jument, et elle chercha à l'éviter à tout prix. Styrgas lui fit prendre, durant deux jours, la direction du nord et elles trouvèrent un chemin leur permettant de la contourner, et, lorsque Destinée le vit, son moral remonta quelque peu et sa course n'en fut que plus véloce. Elles croisèrent régulièrement de minces ruisseaux, qui, si ils n’auraient pu suffire à la navigation, étanchèrent leur soif lorsque le besoin s'en fit sentir. Quant à la nourriture, Styrgas avait tout prévu pour elles deux, et elles se sustentaient sans s'arrêter. Depuis deux journées maintenant, elles rencontraient des membres de l'espèce de Destinée. Mais, elles n'en arrêtaient pas leur course pour autant et n'essayaient d'entamer aucun dialogue avec eux. Lorsqu'au loin elles aperçurent les collines bordant le Val du Flot d'Argent, Styrgas l'obligea à pénétrer quelques temps dans la lande aride, afin de ne pas avoir à trop chercher l'entrée de la vallée, et c'est crasseuses et fourbues qu'elles sortirent du court tunnel y menant. La joie que ressentit Destinée, fut ternie par le fait de s'y retrouver sans Thyvielle, une vague de tristesse la submergea et elle hennit d'une voix retentissante, toute la plénitude de son désespoir.
Par chance, ou parce qu'il devait en être ainsi, ce fut Flèche d'Air, qui croisa le premier leur route après leur arrivée. Destinée l'informa des derniers événements et celui-ci s'en alla chercher l'Elfe Meidel qui demeurait non loin de là et Styrgas put le mettre en présence de la situation, et tous les quatre se rendirent à la cour du Roi. Keheliinan sembla être inconsolable lorsqu'elle apprit la disparition de Thyvielle. Mais, lorsque le nom de Santieb fut mentionné dans la conversation, son sang se glaça. Elle aurait voulu savoir ce que son ami faisait dans cette partie de la Terre et surtout, ce qu'il était advenu de lui. Sur cela, ni la jument, ni Styrgas ne purent la renseigner, mais les impressions qu'elles ressentaient vis à vis de l'Humain, ne rassurèrent aucunement la Reine Elfe. Après avoir réuni le conseil, Kirdar, le Roi, décida de monter une expédition de recherche et, dès le lendemain, une troupe d'une cinquantaine de têtes prit le chemin du Val du Flot d'Argent.

De son coté, Arienor n'avait pas perdu de temps non plus. Bien avant le retour de Santieb, et même s'il avait abandonné les recherches concernant Thyvielle, il avait prévenu Plumes d'or de se tenir prêt avec quatre ou cinq de ses plus robustes compagnons afin d'accomplir une mission de la plus haute importance. Le Grand Oiseau accepta la requête avec beaucoup de déférence vis à vis du Vieux Sage. Et maintenant, il volait entouré de cinq des siens vers le village de R'rhis, alors que Lueur d'aube s'en allait dans la direction de Lutival. Arienor ne s'était pas perdu en explications inutiles concernant ces voyages, mais, ceux-ci semblaient revêtir tant d'importance, que les Grands Oiseaux avançaient de toute la vitesse dont ils étaient capables.
Le Vieux Sage se rendait souvent, tous les jours en fait, depuis la disparition de Santieb, aux abords de la Plaine des Lueurs Mortes. Il y restait deux à trois heures à regarder le brouillard et à écouter les gémissements en sortant. Pour rien au monde, il ne serait entré sous la nappe brumeuse, bien que, cela faisait déjà longtemps maintenant que les cris des spectres ne l'effrayaient plus. Il se souvenait de temps lointains où cette surface occupait bien moins de place et où de jeunes Elfes, venaient mettre leur courage à l'épreuve. Beaucoup, parmi les plus téméraires de ses amis d'alors y avaient disparus et jamais depuis, il ne les avait revus. Il avait été étonné, la première fois qu'il la vit, de découvrir que cette plaine correspondait en tous points avec celle décrite dans la légende qu'il racontait depuis déjà longtemps à l'époque. Lorsque, quelques temps plus tard, il fit la connaissance des K'ihirs vivant près de la Grande Barrière, une question commença à le tarauder: '' Et si, mon histoire était en fait une prédiction?''.
Bien sûr, il connaissait la ville en poussière proche de la colline des Grands Oiseaux, et c'était de là que lui était venue son inspiration. Il avait trouvé amusant de faire d'un Humain le héros de son récit et d'inventer une catastrophe liée à leur soif de pouvoir, mais, jamais auparavant, il n'avait pris cela au sérieux. Bien que, les gens de son peuple se transmettaient ce conte de génération en génération. Quand il apprit, par Styrgas, que deux Humains totalement opposés arpentaient la surface de la Terre, un malaise le prit. Car, si il avait prétendu avoir égaré et ne plus se souvenir de la fin de sa légende, c'était en fait parce qu'il ne l'avait jamais terminée et qu'il n'avait pas la moindre idée de sa fin. Et maintenant, il était là, à attendre il ne savait trop quoi et espérait que tout cela amènerait de bons jours.

-Eh bien, cela fait longtemps, dit Ludy à Lueur d'aube. Et que de nouvelles tu m'apportes. Arienor serait toujours vivant et il aurait besoin de ma musique, dis-tu?
-Oui, dit Lueur d'aube. Il a bien spécifié que toi seul pouvais accomplir ce prodige.
-Mais, j'ai formé beaucoup de jeunes Lutins qui seraient autant, si pas plus capables que moi de divertir le Vieux Sage, dit Ludy.
-Non, il a bien dit que toi seul conviendrais, dit Lueur d'aube. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un divertissement, mais, je ne peux t'en dire plus.
-Pourquoi hésites-tu? dit Flora. On dirait que tu crains un danger.
-Non pas, dit Ludy. Mais je n'ai pas envie de vous laisser derrière moi.
-Liviine est grande, maintenant, dit Flora. Elle passe déjà bien plus de temps avec ses amis qu'avec nous, et puis elle aura des choses à leur raconter lorsque tu rentreras. Tu sais bien que tu as toujours été son héros.
-Oui, je sais, dit Ludy. Mais, et toi?
-Je peux la prendre également, dit Lueur d'aube. Vous êtes si petits que je ne sentirais aucune différence. Mais, il faut vous décider, Arienor a bien dit de ne pas perdre de temps. Il en va peut-être de la vie de Thyvielle et de Santieb.
-S'il en est ainsi, dit Ludy, je suis d'accord. Laisse nous une heure pour faire notre paquetage et nous sommes à toi.

L'lochayo fut très surprise lors de l'arrivée des six Grands Oiseaux. Elle le fut encore plus par les nouvelles dont Plumes d'or était porteur.

-Si Santieb a besoin de moi, dit-elle, je viens. Je le croyais depuis longtemps parvenu au Val du Flot d'Argent et y coulant des jours heureux, mais, je vois qu'il n'en est rien. Après tout le bien qu'il m'a apporté, j'ai une dette envers lui.
-Mais, cette forêt se trouve très loin, dit M'mia. Lorsque tu y arriveras, tu y seras inutile. -Nous te porterons, dit Plumes d'or.
-Ah oui? dit M'mia. Et comment? Elle ne saurait pas monter sur votre dos et encore moins s'y maintenir. -Oui, dit L'lochayo. M'mia dit vrai, j'ai deux jambes qui risquent de vous encombrer.
-Nous y avons pensé, dit Plumes d'or. Bec tordu, montre la nacelle que les Elfes ont construite.

L'lochayo prit place dans un genre de grand sac à fond plat dans lesquels si elle le désirait elle pouvait s'étendre. Quoique ayant été fabriquée dans l'urgence, la nacelle s'avéra être très confortable et très stable. De cela, L'lochayo s'en aperçut lorsque sans avoir l'air de fournir le moindre effort, Bec tordu en agrippa l'anse à l'aide de ses serres et la souleva chargée de la K'ihir.

-Nous nous relayerons durant le voyage, dit Plumes d'or.
-Cela va être merveilleux, dit M'mia. Je t'envie mère.
-Oui, je le crois aussi, dit L'lochayo. Mais, n'oublie tout de même pas nos amis en danger. Ceci n'est pas un voyage d'agrément. X'stola, dit elle en se tournant vers son compagnon. J'espère que tu n'es pas fâché que je ne t’aie pas demandé ton avis? Tu me comprends n'est-ce pas? -Bien sûr que je comprends tes raisons, dit X'stola en souriant. Mais, tu vas beaucoup me manquer, fais vite.

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MessagePosté: Lun 23 Juin 2008 06:49 
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53. LE CRISTAL DE THYVIELLE

Au centre de la spirale formée par les arbres de la forêt, la clairière apparut soudain devant les yeux ébahis de Santieb. Elle formait un cercle presque parfait d'une trentaine de mètres de diamètre avec des fleurs de toutes les couleurs poussant sur son pourtour et la faisant paraître tel un temple. De plus, lorsqu'il se pencha vers elles pour humer leurs parfums, celles-ci se pâmèrent, se tortillèrent et se teintèrent de tons plus prononcés, comme l'auraient fait de jeunes humaines rougissant en présence de leur premier amour. Dès que le parterre devant lequel Santieb s'était baissé eût réagi de la sorte, toutes les autres fleurs en firent de même. Si bien que, la clairière rayonna de couleurs vives tandis que les fragrances des fleurs dansantes se mélangèrent pour former une lourde odeur qui devint bientôt enivrante aux narines de l'Humain. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits quelque peu embrumés par ces effluves, puis, lentement il la releva et, enfin, il vit l'arbre magnifique quoique encore petit, terminant le long cordon serpentant tout au long de la forêt. Son cerveau réfuta immédiatement les informations lui parvenant, mais elles revinrent avec encore plus de forces que précédemment. Cette stature élancée, ces branches-brindilles ressemblant à des cheveux, cette grâce qu'il savait n'habiter qu'un seul être au monde.

-Thyvielle, cria-t-il en se précipitant vers l'arbre. Je sais que c'est bien toi. Achalyant, maudit soit-il, n'avait donc pas menti.

''L'arbre'', ressemblait indubitablement à la jeune fille Elfe, même ses vêtements se dessinaient nettement sur sa surface. Arrivé à ses pieds, Santieb y tomba à genoux, la tête baissée, les mains, doigts écartés pendant aux extrémités de ses bras à demi repliés en signe d'offrande. Quand enfin il leva les yeux, il put détailler ce qu'était devenue son aimée et Santieb commença à sangloter. Puis, poussé par un élan incontrôlable, il enlaça le mince tronc, au niveau où se serait trouvée la taille de Thyvielle dont la douceur le surprit; de toute la force de ses bras.

-Voilà donc l'endroit où doivent finir toutes choses, dit-il en s'écartant légèrement, tout en gardant l'arbre entre ses mains. Cela valait bien la peine d'accomplir tant de missions et de parcourir autant de chemins si c'était pour en arriver là. Thyvielle, ô Thyvielle. Que vais-je devenir sans toi? Je ne veux vivre sans ta présence. Durant toutes ces années, je n'ai cessé de penser à toi. Et c'est grâce à ta magie que je suis sorti vivant de la Plaine des Lueurs Mortes, mais, si le prix à payer en a été ta vie, je ne puis l'accepter. Je t'aime, hurla-t-il.

Une de ses mains se détacha de Thyvielle et s'en vint tâter le cristal au bout de sa chaîne. L'éclat que Santieb y perçut était encore plus brillant qu'avant qu'il ne débouchât dans la clairière. Sa main s'en empara et doucement, l'amena vers le tronc de l'arbre et l'y maintint fermement. Santieb ferma les yeux puis, déposa un lent et tendre baiser sur l'écorce avant que sa joue ne vienne la caresser.

-Peut-être cela te rendra-t-il de l'énergie, dit-il. Ou alors, que je sois changé en arbre moi aussi et que je reste ici, avec toi jusqu'à la fin des temps. Je n'ai plus d'autre désir. Je ne peux vivre sans toi.

Le cristal scintilla de plus en plus fort, tellement fort, que Santieb dut fermer les paupières. La lumière jaillissait littéralement du joyau et entourait Thyvielle telles de longues écharpes éblouissantes. On aurait dit que la lueur vivait, pulsant régulièrement sur l'arbre et sur l'Humain jusqu'à ce qu'ils se confondent et ne forment plus qu'un seul être lumineux. Santieb ne sentait, ne voyait ni n'entendait plus rien, il faisait corps avec son amie et un bonheur immense le recouvrait totalement. Soudain, il s'évanouit et tomba sur la surface du sol toujours enlaçant l'arbre-Thyvielle qui le suivit dans sa chute.

La lumière les enveloppant éclata vers tous les points cardinaux et fit choir, dès qu'elle les toucha tous les arbres de la Forêt du Chat. Elle souleva, en passant, la nappe de brouillard de la Plaine des Lueurs Mortes qui se disloqua instantanément, comme une fine couche de glace sous un chaud soleil d'été. En moins d'une demi seconde, la lumière du cristal fit le tour de la Terre, où, dans toutes les forêts, des arbres tombaient sous son éblouissement. Un long râle se fit entendre là où seulement un instant avant se dressait encore la formidable forêt, Achalyant n'eût que le temps d'esquisser un pas avant de disparaître. Ensuite, un grand calme s'installa.

Les gémissements des spectres de la Plaine des Lueurs Mortes s'étaient tus. Plus rien ne bougeait en cet endroit. Après que le cristal eût accompli son office et que le brouillard se soit dissout, les pâles lueurs errant -pour certaines depuis des siècles- en quête de délivrance, s'en étaient retournées vers les corps changés en arbres les ayant abrités auparavant. Toute la Forêt du Chat, ainsi que quelques individus éparpillés dans tous les bois et les forêts de la Terre, n'étaient en fait que des êtres étant passés, depuis des temps immémoriaux par la plaine maudite et qui avaient, ou non, trouvé grâce auprès d'Achalyant. Lui, ne gardait pour sa forêt- son oeuvre, disait-il, que les plus beaux spécimens qu'il changeait en arbres à l'aide d'une magie connue de lui seul. Nul ne savait grand'chose de cette créature. Arienor, il y avait longtemps de cela, l'avait rencontré à une seule reprise et, Achalyant l'avait mis au défi de traverser la plaine, mais, l'Elfe, encore jeune à l'époque faisait déjà preuve d'une grande sagesse, et il avait refusé de se prêter à son jeu. Achalyant en fut quelque peu marri, mais, il prit son mal en patience.

-Nul ne peut résister longtemps à l'attrait de la découverte de son être véritable, lui dit Achalyant. Tôt ou tard tu y viendras, et, beaucoup des tiens également.
-Je pense que cet endroit détruit les êtres plutôt qu'ils ne s'y découvrent, avait répondu Arienor. Et, que m'importe de savoir ce que je sais déjà?
-On verra, on verra, lui dit Achalyant. Mais, d'autres seront et ont déjà été moins sages ou plus téméraires. Ne veux-tu vraiment savoir si tu es digne de gouverner ton peuple?

Et les questions se succédèrent ainsi durant un long moment, mais, Arienor ne rompit point.
Achalyant prétendait que sa forêt était déjà la plus belle et qu'elle le resterait à jamais, car, il n'avait de cesse de l'améliorer, encore et encore. Arienor le traita de meurtrier, mais, Achalyant d'après ses dires, n'avait jamais forcé quiconque à s'enfoncer sous le brouillard. Tous ceux ayant pris ce chemin y avaient marché en leur âme et conscience et que, de toutes manières, il ne tuait personne. Lorsque l'esprit quittait le corps, il se contentait d'emmener ce dernier et de le planter, si celui-ci lui convenait, dans sa forêt. Il n'avait jamais laissé pourrir une enveloppe charnelle dans la plaine. Tant de forêts poussaient sur la surface de la Terre qu'il y trouvait toujours une place pour chacun. Arienor n'avait pas réussi à savoir d'où Achalyant était issu. Lorsqu'il lui avait posé la question, la créature l'avait éludée en posant la même à Arienor. Celui-ci se rendit compte qu'il était bien difficile d'y répondre avec certitude, mais, des Elfes arpentaient la quasi totalité de la planète, alors qu'Achalyant était le seul de son espèce. De retour dans la Cité de la Lune, Arienor raconta ce qui s'était passé en cachant le fait qu'une âme forte pourrait traverser la plaine, pour qu'aucun des siens ne s'y rendit sans en avoir été obligé. Mais, au fil du temps, des Elfes, des jeunes surtout, voulant montrer leur vaillance s'y rendaient afin d'épater leurs congénères. Aucun de ceux étant entrés dans le brouillard n'en était ressorti. Et des légendes, toutes plus farfelues les unes que les autres, virent le jour. Si bien que la Plaine des Lueurs Mortes comme l'appelait Achalyant était devenue pour les Elfes, la Plaine Maudite et que, de moins en moins des leurs prenaient la direction du sud.

-Que s'est-il passé? demanda Kerlich à Arienor dans la Cité de la Forêt de la Lune. Jamais je n'ai senti un souffle pareil.
-Je crois que beaucoup de choses sont en passe de changer, répondit Arienor. Nous sommes peut-être arrivés à la croisée des temps.
-Que voulez-vous dire par là? demanda une jeune Elfe.
-Je veux dire que ce qui a été sera, dit Arienor. Je le sens dans mon coeur. Ne percevez-vous pas que des vies se transforment?
-Je ne sais ce que je ressens, dit Kerlich. Seulement que la sombre peur qui m'étreignait de temps à autres semble s'estomper. Quel est ce prodige?
-Rien ne m'apparaît encore avec certitude, dit Arienor, un large sourire se dessinant sur son visage. Mais, je pense que notre ami l'Humain, se trouve être responsable d'une bien puissante magie.
-L'Humain? s'étonna Kerlich. Je ne l'apprécie pas beaucoup et sa disparition ne me peine aucunement. Et de quelle magie pourrait-il se réclamer?
-De la magie la plus forte, celle que rien ne peut, ni ne pourra jamais surpasser, Kerlich. Celle de l'Amour. Je pense que Santieb a retrouvé Thyvielle et lui a donné sa vie plutôt que de la savoir perdue à tout jamais.
-Je me demande si notre Roi ne commence pas à se faire vieux, chuchota Kerlich à l'adresse des Elfes proches de lui. Avez-vous jamais entendu pareilles sornettes?
-Regardez, crièrent brusquement plusieurs voix. Des mouvements agitent les hautes herbes de la forêt. N'entendez-vous pas les bruits en émanant?
-On dirait une grande troupe en marche, dirent d'autres. Ils doivent être beaucoup pour engendrer un tel vacarme.

Santieb ouvrit les yeux et le visage souriant de Thyvielle fut sa première vision.
-Nous sommes au Paradis, songea-t-il en souriant lui aussi. Terminées sont les longues errances et les quêtes absurdes...
-Bonjour, Santieb, dit Thyvielle. Tu as réussi l'épreuve bien au-delà de mes espérances.
-Bonjour, Thyvielle, répondit-il. Nous sommes toujours vivants? Mais, tu étais devenue un arbre... -Et tu m'as ramenée, dit-elle. Je t'aime encore bien plus que je ne le pense et, ton Amour a été tel que tu as transformé la surface de la Terre...
-Hormis l'amour, je ne comprends rien à tes paroles, dit Santieb se blottissant contre son aimée. Mais cela n'est pas important, l'essentiel est que nous soyons réunis.
-Et peut-être pour un long temps, dit Thyvielle. Qui sait si l'éternité ne nous est pas promise?
-A toi, oui, certainement, tu es une Elfe. Mais, je ne suis qu'un Humain, et, mon temps de vie est compté. -Je pense qu'il ne l'est plus tant que nos existences seront unies, dit Thyvielle. Le cristal m'a transmis ta force et, t'a donné une partie de mon être Elfique. Ne le sais-tu pas? Ne le ressens-tu pas? Ton apparence n'a pas beaucoup changé, continua-t-elle. Mais, de subtiles modifications sont intervenues dans l'éclat de ton regard, même tes oreilles ressemblent plus aux miennes qu'auparavant.

Santieb, y passant la main, s'aperçut que Thyvielle disait vrai. Là où ses oreilles étaient arrondies, il sentait que maintenant, elles se terminaient en pointe. Même ses doigts encore épais, il y a peu de temps, s'étaient fuselés. Il n'en crût pas ses yeux et pensa que ce qu'il prenait pour la réalité n'était en fait qu'un rêve.

-Non, dit Thyvielle, tu ne rêves pas. Je crois même que les mots sont inutiles entre nous. Le cristal a assimilé, durant ta traversée de la Plaine des Lueurs Mortes, toutes les expériences que nous avons vécues et qu'il nous en a offert la quintessence. La force des Gobelins et des Loups, la sagacité des Lutins, le mode de communication des Grands Oiseaux, la douceur et la bienveillance des K'ihirs, la vue et l'ouie affinée des Corbeaux et l'union dont tu as fait cadeau à la tribu Humaine, sans oublier la sagesse des Arbres.
-Sans omettre non plus la magie et le respect ainsi que la vivacité des Elfes? demanda Santieb.
-Oui, mon ami, dit Thyvielle. Un monde nouveau est né.
-Et tout cela n'est arrivé qu'à nous? demanda Santieb fixant toujours Thyvielle droit dans les yeux. -Regarde autour de toi et juge par toi-même, dit Thyvielle.
-Sur quoi veux-tu que je porte un jugement? Il n'y a que des fleurs autour de nous et cela sur des kilomètres. Quel est cet endroit ? Où m'as-tu emmené?
-Nous sommes dans la forêt d'Achalyant, lui dit Thyvielle. Tu as libéré tous les êtres prisonniers de l'écorce.
-Mais, je n'ai rien demandé de tel. Je voulais juste rester avec toi, quitte à devenir un arbre moi-même. Et où sont les êtres qui se trouvaient ici, sont-ils morts?
-C'est ainsi que le cristal à traduit ton désir, dit Thyvielle. Aucun être n'est décédé, tous ils ont repris le chemin de leur contrée respective. Enormément de joie va survenir dans beaucoup de foyers. Et tous se souviendront de toi.
-Comment peux-tu être aussi affirmative?
-Je le sais, je le sens, c'est tout. Mais, viens, il nous faut aller retrouver les Elfes maintenant.
-Oui, dit Santieb. Et poursuivre notre voyage vers le Val du Flot d'Argent afin d'y consacrer notre union. -Cela n'est plus nécessaire, dit Thyvielle.
-Mais, tu voulais absolument que nous passions par le rite Elfique pour marquer notre histoire... -Dame Nature s'en est bien mieux chargée et quelques phrases ou manipulations de plus ne changeront rien. Nous sommes unis au-delà de toute imagination.

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MessagePosté: Mar 24 Juin 2008 06:49 
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54. ÉPILOGUE

Les peuplades de la Terre, quelle que soit leur race, accueillirent avec chaleur, les individus de leur sang revenant au logis alors qu'on les croyait perdus à tout jamais. Tous se souvenaient de leur entrée dans la Plaine Maudite suivie de longs sommeils arbresques, hantés par des visions cauchemardesques, ainsi que des jours de veilles durant lesquels, ils tentaient, souvent vainement, de nouer contact avec les créatures passant devant eux. Et, ils décrivirent, chacun avec leurs mots, mais, avec force détails, comment l'Humain, armé d'un cristal vert brillant, avait rompu le charme les retenant prisonniers, en se mariant, avec l'arbre dernier arrivé. Certains le nommaient, le mage blanc, le libérateur ou le désenchanteur et d'autres termes tous plus élogieux les uns que les autres. La même déférence se retrouvait dans toutes les appellations le désignant. Même les loups et les corbeaux, dont quelques uns de leurs membres leur étaient revenus, ne tarissaient pas d'éloges à son égard. Et, durant de nombreux jours, il y eût des défilés d'êtres de toutes les ethnies venus lui rendre hommage, le long du lac proche de la Forêt du nord. Santieb se sentit un peu mal à l'aise au début mais, toutes ces entités semblaient si heureuses de pouvoir l'apercevoir et pour certaines, le toucher, qu'il finit par se prêter de bonne grâce à leurs manifestations de sympathie. Il leur demandait de quelle région ils venaient et leur adressait une phrase porteuse de paix. Tous les amis ayant partagé ses aventures, qu'ils vivent à l'est ou à l'ouest de la Forêt de la Lune, s'y étaient rencontrés également, et Santieb se disait que grande était sa chance de pouvoir compter sur autant de personnes.
Même les Humains hermaphrodites avaient fait le déplacement. Une centaine d'hommes et de femmes, ainsi que quelques enfants étant sortis du piège d'Achalyant, et les ayant rejoints, la race allait peut-être échapper au destin stérile dans lequel se trouvait la tribu de Kyro avant sa transformation. Puis un jour, Arienor convoqua en son logis, L'lochayo et cinq K'ihirs percussionnistes, Ludy, une dizaine d'Elfes ainsi que deux ou trois membres de chaque race présente.

Ensemble, ils se rendirent où se trouvait, il y avait peu de temps encore, la Plaine des Lueurs Mortes. Là, le Sage Elfe leur demanda de purifier et de consacrer cet endroit à l'aide d'une grande musique, pour qu'à l'avenir, plus jamais ne puisse resurgir la terreur qui longtemps, bien trop longtemps de l'avis de tous, avait assujetti tous les êtres y passant. L'lochayo joua avec toute son âme et les volutes que Ludy créa à l'aide de sa trompe, restèrent gravées dans toutes les mémoires, les percussions fendirent les airs pour les reconstituer l'instant d'après et les hurlements des loups, les cris des corbeaux ainsi que les vocalises gutturales des Gobelins s'harmonisèrent avec les douces mélopées chantées par les Elfes, pendant que, les Grands Oiseaux dessinèrent des figures aériennes au-dessus des musiciens en captant la lumière du soleil faisant chatoyer leurs ailes immenses.
Ce fut une grande oeuvre et plus jamais on en entendit de pareille sur la surface de la Terre. Ce que peu d'êtres surent, c'est que dans la grotte du domaine du rêve figé, toutes les représentations des différentes régions de la Terre s'effacèrent, ne laissant là érigée, que la statue restituant l'image de l'Humain agenouillé devant l'Arbre, comme un symbole de l'unité des espèces. Lorsque les festivités se furent terminées et que chacun eût regagné son logis, Thyvielle et Santieb annoncèrent leur intention de demeurer, en compagnie de Destinée, sur le site où se dressait la Forêt du Chat et qui, grâce aux fleurs y poussant toujours, ressemblait à un parc où commençaient à s'élever de jeunes pousses qui bientôt, deviendraient des arbres magnifiques. Ils y vécurent de longues années avant de s'établir dans une autre région, mais, cela n'est pas dit dans la Légende, à laquelle Arienor ajouta les derniers vers.

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 24 Juin 2008 16:40 
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Inscription: Jeu 15 Mai 2008 14:23
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Voilà, la première partie de La Légende à venir est terminée. Si vous avez aimé, vous pourrez découvrir la deuxième partie sur: http://www.lulu.com/content/2676790

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Dim 3 Aoû 2008 08:27 
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Inscription: Jeu 15 Mai 2008 14:23
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Voilà, mon bouquin est sorti et est pas mal classé dans les ventes de Lulu. Allez jeter un oeil et ne soyez pas les derniers à l'acquérir...lol.

http://www.lulu.com/browse/stats.php?fT ... ution=ever

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Dim 3 Aoû 2008 08:29 
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pour le moment à la place 62

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Lun 4 Aoû 2008 14:07 
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Inscription: Sam 17 Mai 2008 17:13
Félicitations Claude :jap:

A quand la chanson??? :cool:


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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Lun 4 Aoû 2008 14:45 
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Inscription: Jeu 15 Mai 2008 14:23
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Merci,

Désolé pour les chansons, mais mon système pc n'a pas de vidéo-montage. Le fichier que j'envoie à youtube est trop petit et est refusé.

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 12:16 
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Inscription: Mar 9 Sep 2008 12:03
Mise au point importante à propos des textes présentés par Claude : ces textes ne sont pas les textes qui figurent dans le livre édité par les Editions Azimuts.
Dans la version éditée, le texte a été corrigé, remanié et correctement mis en page. Rassurez-vous, nous n'oserions jamais publier un manuscrit aussi "brut" !
C'est précisément tout ce travail de remaniement (destiné à rendre des manuscrits déjà bons encore meilleurs, et même quasiment parfaits ) qui fait notre renommée. Malheureusement, certains auteurs estiment, pour un second ouvrage, nos corrections inutiles... voire déplacées. A vous de juger...


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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 12:25 
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Il est vrai que le début a été un peu remanié par les éditions Azimuts. Cependant, je tiens tout de même à préciser que le deuxième volume connait un joli succès et que les échos qui m'en parviennent sont unanimes; il est bien meilleur que le premier.
Je ne me suis pas inscrit sur ce forum pour faire la guerre avec mon ancien éditeur-qui publie à compte d'auteur-dont je ne comprends d'ailleurs pas l'acharnement qu'il met à vouloir me démolir depuis que je suis publié par un autre à compte d'éditeur. Mais bon, je place tout cela sur un sentiment de jalousie mal placée. Mieux vaut en rire...lol.


Ah oui, j'oubliais de vous signaler que Les Editions La Plume Noire comptent sortir la troisième et dernière partie dans le courant du mois de décembre 2008. Le comité de lecture est enchanté(sic) par l'histoire.

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 13:08 
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Inscription: Mar 9 Sep 2008 12:03
...et les Editions Azimuts ne réagissent pas ici par jalousie, mais dans le but de préserver leur réputation.
Que Claude vous propose ici son premier roman, c'est son droit (et nous en sommes fier également, ne serait-ce que pour le travail de correction accompli par nos soins). Mais qu'au moins, il vous propose la "bonne" version.
Cela dit, pour reprendre ses mots : autant en rire :fou: !


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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 13:21 
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Ben non didjù, qui c'est qui a écrit cette version, c'est bien lui non???

Il peut encore montrer celle qu'il veut... Et si celle-ci lui plaît mieux?

Vous n'avez pas assez d'écrivains pour venir harceler un ancien?


Qu'est-ce que c'est de ça pour un éditeur on???


C'est tout de même bizarre qu'un éditeur digne de ce nom suive à la trace son ancien client...

Claude, tu nous ferais pas un peu de pub là :heink:


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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 13:23 
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Non, je vous jure que je n'y suis pour rien. Je me passe bien de ce genre de commentaires.

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 13:49 
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Mwais, byzance tout d'même... :roll:


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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 14:06 
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Evidemment, je conçois que vous puissiez formuler de telles réserves. Si vous voulez vous faire une idée du "personnage" qui a écrit sa diatribe, je vous suggère d'aller jeter un oeil sur son site. Vous verrez que lorsqu'un problème arrive avec l'un de ses auteurs, il ne mâche pas ses mots. Allez voir bas de première page. Vous pourrez également constater que mon livre ou ma bio ou n'importe quel renseignement me concernant sont maintenant totalement absents de ce site.


oups, j'ai oublié de vous communiquer le site, le voilà: http://azimuts.oldiblog.com/

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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 14:33 
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Inscription: Mar 9 Sep 2008 12:03
"Vous verrez que lorsqu'un problème arrive avec l'un de ses auteurs, il ne mâche pas ses mots. Allez voir bas de première page."

Mon cher Claude, tu connais très bien la personne a qui sont destinées ces mises en garde. Libre à toi de marcher dans sa combine... Mais, comme son avocat, tu ne connais qu'une mince partie de la réalité. Dommage que tu aies cru bon d'ameuter les visiteurs de ce blog à ce sujet !
Si j'ai décidé de mettre en lignes ces mises en garde, c'est qu'il se passe réellement "des choses". Je ne peux en dire plus pour l'instant...


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 Sujet du message: Re: La Légende à venir
MessagePosté: Mar 9 Sep 2008 14:42 
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Inscription: Ven 1 Fév 2008 10:28
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:approuve:

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